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PRATIQUES

ACTIONS

SWOT

RECOMMANDATIONS

#BORDEAUXLANUIT

7#LAVILLEDEL'ALTÉRITÉ

Photo : Méline Engerbeau - 13/08/2017

La ville contemporaine attire et fait cohabiter une diversité d’individus, de cultures, de modes de vie, de classes d’âges, de corps et de psychismes, de trajectoires, de situations sociales et économiques. Cette altérité se retrouve la nuit.

 

> COMMENT CRÉER LES CONDITIONS FAVORABLES POUR PERMETTRE UNE ÉGALITé D’ACCèS AUX LIEUX ET à L’ESPACE PUBLIC LA NUIT ?

%

8

d’étrangers

6

quartiers classés “Politique de la ville“

 %

10

de la population est issue de l’immigration

 %

74

de femmes déclarent éviter certains espaces publics la nuit

 %

53

DE FEMMES

 %

47

D'HOMMES

1# CONTEXTE(S)

BORDEAUX, VILLE D’ACCUEIL :

La ville reste un port, ouvert sur le large, un lieu d’échange et de flux, intégré dans la mondialisation et ses interactions. Bordeaux est cosmopolite : avec 8 % d’étrangers, elle se situe au-dessus de la moyenne nationale (6,3 %), et 9,8 % de sa population est issue de l’immigration.

 

La ville est composée majoritairement de femmes (53,2 %) contre 46,8 % d’hommes.

Les discriminations en lien avec la nuit concernent principalement l’accès à des lieux et des espaces (bars, discothèques, transports…), dont l’espace public, en fonction du sexe, des origines culturelles, de l’orientation sexuelle, du handicap et de la situation sociale.

Sexisme, racisme, homophobie et lesbophobie, transphobie, handiphobie, discrimination envers les plus démunis et les plus vulnérables, sont les traductions de ce difficile rapport à la différence qui se donne à voir parfois dans la ville, notamment la nuit.

 

Le stigmate se définit dans le regard de l’autre, et les villes sont confrontées à ces enjeux de cohabitation de l’altérité. Elles doivent impulser des politiques pour favoriser le respect, la dignité et la solidarité entre leurs habitants.

CE QUI SE PASSE LOIN SE RETROUVE EN PROXIMITé :

 

Régimes politiques, conflits, pauvretés entraînent toujours des migrations, dont la ville est l’épicentre, et dont elle garde les traces, y compris dans son organisation spatiale (quartiers, rues…).

Bordeaux compte six quartiers classés "Politique de la ville" qui en sont l’illustration.

2# PRATIQUE(S)

BORDEAUX, UNE CULTURE DYNAMIQUE

L’enquête menée par l’Observatoire bordelais de l’Égalité a fait apparaître que 50,5 % des enquêtés déclarent avoir été, ou avoir eu le sentiment d’être, discriminés, dont 72 % de femmes et 25 % d’hommes.

  • 64 % des situations renvoient à des discriminations fondées sur l’origine de la personne
  • 45 % renvoient à des discriminations liées au genre
  • 42 % renvoient à des discriminations liées à l’orientation sexuelle
  • 13 % renvoient à des discriminations liées à des situations de handicap

* source : Les Bordelais(es) face aux discriminations, Observatoire bordelais de l’Égalité, Arnaud Alessandrin, 2016

LA PRINCIPALE DISCRIMINATION SE TRADUIT DANS UN ACCèS INÉGAL À L’ESPACE PUBLIC :

75 % des hommes homosexuels et 74 % des femmes déclarent éviter certains espaces publics, notamment la nuit. Les discothèques et les commerces sont aussi cités pour 50 % des situations de discriminations déclarées.

Pour les personnes handicapées, l’espace public (trottoirs, pavés…) est difficile d’accès, de même que certains lieux festifs. Leurs déplacements sont rendus encore plus compliqués après l’arrêt du tram à 1 heure du matin.

Une traduction spatiale :

 

Comme partout en France, les quartiers "Politique de la ville" concentrent plus de pauvreté, un taux de chômage deux fois plus important, plus de logements sociaux et de familles monoparentales. L’appartenance à un quartier devient en soi un élément de discrimination.

 

À partir de 20 heures, tout est fermé dans les quartiers "Politique de la ville", il n’y a pas de lieux d’accueil ni de sociabilité. Les habitants se regroupent par classes d’âges dans certains espaces des quartiers. Les jeunes qui s’ennuient peuvent tenir les halls et les bas d’immeubles, se regrouper autour d’une voiture avec de la musique. La plupart restent dans le quartier, ce qui favorise l’entre-soi ; la notion de frontière est renforcée ainsi que le sentiment d’illégitimité à aller vers d’autres espaces publics dont le centre-ville.

Place Saint-Michel - 01 h 01

Il y a 20 ans, la ville comptait 15 bars gay, contre 2 aujourd’hui. Les lieux de rencontre sont repoussés à des espaces cachés, publics et privés, moins sécurisés, éloignés des dispositifs de prévention et de Réduction des Risques.

 

Une dizaine de lieux libertins existent sur la ville.

UN SENTIMENT D’INSéCURITé POUR LES FEMMES, EN PARTICULIER LA NUIT

 

La nuit, elles choisissent leurs trajets et évitent certains lieux qui leur semblent "interdits".

* source : Enquête Femmes et déplacements, Alessandrin, César-Franquet, Dagorn, 2016

 

La plupart des femmes se sentent en insécurité dans l’espace public :

  • Évitement de certains lieux à la tombée de la nuit (Victoire, la Gare, Les Aubiers, le Cours de la Marne), la rue et le tramway ainsi que les parcs-relais
  • Évitement de certains lieux festifs
  • Stratégies individuelles pour échapper à des discriminations (limitation des déplacements, évitement de certains lieux, déplacement en groupe, adaptation de la tenue vestimentaire, etc.)

Le tram est le premier mode de transport que les femmes déclarent comme étant "le plus souvent" le lieu de violences.

3# ACTION(S)

• La ville de Bordeaux a impulsé une politique volontariste à l’encontre des discriminations, avec la création en 2005 du Comité Bordelais de veille et d’Action contre les Discriminations et pour l’Égalité (COBADE).

• Création de l’Observatoire bordelais de l’Égalité, octobre 2014.

• Un "plan local de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité" sera intégré au Pacte de cohésion sociale et territoriale, document d'orientation de la politique municipale pour les cinq prochaines années.

• En octobre 2014, Bordeaux est devenue la 1ère ville française labellisée "Destination pour Tous" pour l’accueil des personnes en situation de déficience mentale ou motrice (développement de l’accessibilité…).

4# SWOT

FORCES

- Une politique volontariste de lutte contre les discriminations avec des instances (COBADE, Observatoire de l’Égalité)

- Un plan de lutte contre les discriminations

- Une ville cosmopolite

- Une vie nocturne sécurisée et des acteurs qui s’impliquent

- Le développement de la ville et de nouveaux quartiers

- La croissance démographique

- La réflexion globale Bordeaux la nuit

opportunités

faiblesses

- Des discriminations qui s’expriment aussi la nuit (sexisme, racisme, homophobie, lesbophobie, handiphobie, discriminations envers les plus démunis)

- Une absence de lieux de sociabilité et de culture à partir de 20 heures dans les quartiers "Politique de la ville"

- Les déplacements la nuit pour les PMR (Personnes à Mobilité Réduite) après l’arrêt du tram à 1 h du matin

- Un sentiment d’insécurité pour les femmes la nuit dans l’espace public et les transports

menaces

- La cohésion sociale

5# RECOMMANDATIONS

#promouvoir

 

Promouvoir la solidarité dans la nuit (accès pour les personnes handicapées…) et la lutte contre les discriminations à travers des campagnes de sensibilisation sur des thématiques (harcèlement, racisme, homophobie…) avec un lien vers le numéro de téléphone de la COBADE pour les victimes et les témoins.

#sOUTENIR

 

Soutenir la professionnalisation des acteurs de la nuit en intégrant dans la formation la prévention des discriminations en partenariat avec les syndicats professionnels.

#INTÉGRER

 

Intégrer les recommandations issues du plan de lutte contre les discriminations concernant la nuit en lien avec le projet Bordeaux la nuit.

#ACCOMPAGNER

 

Accompagner les exploitants dans la mise en conformité de leurs établissements par rapport aux réglementations sur l’accessibilité.

#CRÉER

 

Soutenir la création de lieux de sociabilité nocturnes dans les quartiers QPV, à destination des jeunes mais aussi intergénérationnels.

#SENSIBILISER

 

Soutenir les actions de sensibilisation et de prévention des discriminations en milieu scolaire et étudiant sur le respect de la différence.

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