CONTEXTES

PRATIQUES

ACTIONS

SWOT

RECOMMANDATIONS

#BORDEAUXLANUIT

5#LAVILLEQUITRAVAILLE

Étienne Gérard - 02/02/2010

Souvent négligée, la nuit est un acteur de l’économie et du tourisme, tout en étant un vecteur d’attractivité pour le territoire. Le travail de nuit a doublé en vingt ans et implique de plus en plus de femmes. Mais l’impact direct (emplois, chiffres d’affaires générés par les activités bars, restaurants, discothèques, spectacles, concerts, etc.) et indirect des activités de nuit reste encore à évaluer. Bordeaux pourrait lancer cette analyse.

6,000,000

5,400,000

de touristes

nuitées marchandes

Entre minuit et 6 h, au Marché d’Intérêt National :

350

EMPLOIS

50

SEMI-REMORQUES

+ DE

10,000

emplois directs liés à la nuit, non délocalisables, soit 7 % du total des emplois de la ville

87

POIDS LOURDS

1# CONTEXTE(S)

1.1 SE DÉPLACER LA NUIT, UN ENJEU CENTRAL

La proportion de salariés déclarant travailler habituellement de nuit a plus que doublé en vingt ans. Ce sont le plus souvent des hommes mais avec une forte progression des femmes, dont le nombre a doublé, d’où la question des déplacements la nuit.

 

Évolution du travail : le travail de nuit s’est développé dans le tertiaire ; 15 % des salariés travaillent la nuit, 21 % des hommes et 9 % des femmes.

Les professions les plus concernés par le travail de nuit (par ordre décroissant) :

 

  • Conducteurs de véhicules
  • Policiers, militaires, pompiers
  • Infirmières, sages-femmes, aides-soignantes (90 % de ces emplois sont occupés par des femmes)
  • Ouvriers qualifiés des industries de process

Les intérimaires, les agents de la fonction publique, les hommes trentenaires et les femmes de moins de trente ans travaillent plus fréquemment la nuit.

Des conditions de travail nettement plus difficiles que celles des autres salariés :

 

Mieux rémunérés, ils sont soumis à des facteurs de pénibilité physique plus nombreux et une pression temporelle plus forte, ils sont plus souvent confrontés à des personnes en détresse, des tensions et des agressions.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a pour sa part classé le travail posté de nuit comme cancérogène probable.

Place Saint-Pierre - 23 h 53

1.2 LA LéGISLATION DU TRAVAIL SPéCIFIQUE LA NUIT

Pour l’Insee, le travail de nuit se situe entre minuit et 5 heures du matin (période décrite par les physiologistes comme celle durant laquelle l’organisme fonctionne en état de moindre résistance à tous les niveaux).

Selon le code du travail, le travail de nuit recouvre une plage horaire plus large :

Depuis la loi du 9 mai 2001 : le travail de nuit se situe entre 21 heures et 6 heures du matin contre 22 heures et 5 heures antérieurement.

 

La loi définit le travailleur de nuit comme tout travailleur qui accomplit une fraction de son temps de travail entre 21 heures et 6 heures :

  • Soit au moins 3 heures deux fois par semaine
  • Soit au moins 270 heures sur douze mois consécutifs

 

Ces définitions peuvent être modifiées dans certaines limites par convention collective ou accord étendu.

2# PRATIQUE(S)

2.1 EN QUELQUES CHIFFRES

Bordeaux la nuit crée de la richesse, de l’activité, des entreprises et de l’emploi.

Il faudrait analyser précisément les créations d’entreprises de la nuit, évaluer les retombées économiques et les emplois directs et indirects. Le travail de nuit reste le plus souvent salarié.

 

La ville connaît un développement économique le jour, mais aussi la nuit.

Entre 2011 et 2015, + 15 % de créations d’entreprises (2e en France) ; des emplois concentrés dans les secteurs tertiaires marchands et non marchands (82 %), dont 13 % dans le commerce. Cependant, les créations d’emploi restent encore insuffisantes par rapport au nombre de nouveaux arrivants mais le taux de chômage est orienté à la baisse à 9,7 %.

Les données spécifiques à l’activité nocturne ne sont pas disponibles. Elles sont à collecter.

Seul le syndicat UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) publie des chiffres pour Bordeaux :

 

  • 98 bars/cafés/établissements nocturnes : 374 salariés, chiffre d’affaires de 37 millions d’euros
  • Hôtellerie : 42 hôtels, 748 salariés, chiffre d’affaires de 155 millions d’euros
  • Restauration (à table) : 577 restaurants, 2 315 salariés, chiffre d’affaires de 235 millions d’euros

bilan :

  • Soit 3 437 emplois directs et un chiffre d’affaires de 427 millions d’euros.
    * Source : UMIH 33, 2017
  • Une estimation de l’emploi sur les seuls secteurs restauration, spectacles, bars, hôtellerie, discothèques représente plus de 10 000 emplois directs.
    * Source : INSEE 2014
  • D’autres données feraient augmenter considérablement ces chiffres, notamment en évaluant l’impact indirect.

2.2 Bordeaux la nuit AU TRAVAIL

Une évaluation précise de l’ensemble des activités nocturnes impliquerait de prendre en compte :

77 % des visiteurs sont français, parmi lesquels 26 % sont girondins.

 

Un tourisme de contenu : un visiteur sur deux vient découvrir la ville, 80 % des visiteurs viennent visiter la ville, 65 % participent à des activités culturelles ou à des évènements et vont dans les musées, 56 % font de l’œnotourisme et 42 % font du shopping.

 

68 % des touristes de Bordeaux séjournent en hébergement marchand : la durée moyenne de séjour est de 4 nuits (courts séjours).

 

29 % de touristes d’affaires (1,7 millions de personnes), 71 % de touristes loisirs.

 

926 millions d’euros de retombées économiques, 6 300 emplois directs et indirects.

350 emplois la nuit, une activité forte entre 21 heures et 6 heures, en particulier entre minuit et 6 heures, avec des flux importants de marchandises et de transports : sur une nuit, 50 semi-remorques, 87 poids lourds, 30 utilitaires et 342 véhicules légers. La logistique urbaine de nuit devient un enjeu central, des plateformes groupage-dégroupage sont nécessaires pour faciliter les livraisons, réduire le trafic en ville et les nuisances.

LE TOURISME : UN FORT DÉVELOPPEMENT

L’EXEMPLE DU MIN à BORDEAUX SUD : UN MARCHE D’INTÉRÊT NATIONAL EN VILLE

HôTELLERIE :

Taux d’occupation de 70 % : le meilleur en France.

Par quartiers, le meilleur taux d’occupation est :

  • Bordeaux Centre Meriadeck 76,4 %
  • Bordeaux Saint-Jean 75,9 %
  • Bordeaux Bastide Rive droite 74,9 %.

L’offre d’hôtellerie et la fréquentation sont plus importantes dans les quartiers et les lieux animés avec une offre conséquente de bars, restaurants, animations, culture, etc.

Un grand principe du tourisme : le monde attire le monde… d’où un enjeu sur l’animation, la vie nocturne et la culture.

LA GARE BORDEAUX SAINT-JEAN, ZONE TOURISTIQUE INTERNATIONALE :

Possibilité de travail le dimanche pour les commerces et ouverture autorisée toute l’année jusqu’à minuit.

TENDANCES : UN TOURISME URBAIN DE COURTS SÉJOURS

Depuis les années 2000, de nouvelles tendances touristiques se développent : les villes sont plus attrayantes et les courts séjours (moins de 4 nuits) ou city breaks sont plus fréquents. Le tourisme en ville progresse, grâce à des infrastructures de déplacement (aéroport, LGV, autoroute, tramway, bus, vélo, etc.) et à une offre culturelle et d’animation.

D’où l’importance des représentations, de l’imaginaire d’une destination (patrimoine, caractère, valeurs, productions, culture, atmosphère, sécurité, esthétique, etc.) et notamment de la vie nocturne.

Photo : Méline Engerbeaux - 13/08/2017

3# ACTION(S)

En 2013, Bordeaux s’est dotée d’une marque pour développer son attractivité économique,
"Osez Bordeaux".

Article : Osez Bordeaux, la marque d’un territoire dynamique

 

En 2016, Bordeaux a lancé la marque "Magnetic Bordeaux / Bordeaux Magnétique" pour développer l’attractivité économique et touristique de la ville.

 

La Ville a mis en place des expériences de livraisons de nuit, de dégroupage, avec un camion réfrigéré en ville, qui permet aux restaurateurs de venir s’approvisionner à vélo.

 

Les activités en centre-ville ont été régulées en fixant la destination d’un commerce dans le cadre du PLU (Plan Local d’Urbanisme).

 

Un arrêté de la Préfecture de Gironde de 2002 impose une distance de 100 mètres entre deux établissements ayant une licence IV sur les secteurs Quai de Paludate, rue Carle Vernet, rue d’Armagnac et rue des Terres de Borde (Bordeaux Sud).

4# SWOT

FORCES

- Une économie nocturne dynamique, des créations d’entreprises

- Le développement de la ville, ses projets urbains

- Un attrait de la destination touristique de Bordeaux

- Un secteur tertiaire marchand et non marchand très développé

- Un travail de nuit réparti dans les activités de sécurité, de soin, de commerce et de transport

- De nouveaux habitants, de nouveaux quartiers, une ville en développement

- La réflexion sur le potentiel économique de la nuit

- Absence de données sur l’économie de la nuit

- Absence de données sur le travail et l’emploi de nuit

- Manque d’une réflexion spécifique sur le développement

économique et le travail à Bordeaux la nuit

- Manque de régulation et de coordination des activités nocturnes

- Risque d’un écart entre l’image externe de la ville et sa réalité vécue par les anciens et les nouveaux habitants

 

faiblesses

menaces

opportunités

Photo : Méline Engerbeau - 13/08/2017

5# RECOMMANDATIONS

#rencontrer

 

Créer le premier salon de l’emploi et des métiers de la nuit. Provoquer la rencontre entre les entreprises, leurs activités nocturnes (route, hôtellerie, bar, restauration, discothèque, aéroport, sécurité, transport et logistique, etc.) et des demandeurs d’emploi, des étudiants, des créateurs d’entreprises.

#coopérer

 

Créer un "Cluster Bordeaux la nuit" pour favoriser la coopération entre les entreprises de la nuit et les liens avec le territoire, développer des solutions innovantes locales pour la nuit, des circuits courts, des productions locales, etc.

#évaluer

 

Réaliser une évaluation précise de l’activité économique et du travail la nuit dans le cadre d’un observatoire de la nuit de Bordeaux afin de travailler une stratégie de développement économique de la nuit pour développer et réguler l’activité et l’emploi la nuit.

#valoriser

 

En lien avec l’Office de Tourisme, promouvoir l’offre culturelle de la Ville (expositions, Base Sous-Marine, festivals, la friche urbaine rénovée Darwin, etc.).

Tendre vers un "tourisme créatif" qui promeut l’expérience (culture locale, traditions, cuisine et vin, également le domaine artistique et les projets innovants). Un tourisme expérientiel, respectueux de l’environnement et des habitants.

#SENSIBILISER

 

Mettre en œuvre une prévention et une sensibilisation spécifiques sur les risques liés au travail de nuit ainsi que les risques liés aux usages de substances psychoactives au travail.

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